Chute de la SVB : nouveau cas d’école de la gestion actif-passif
La faillite de Silicon Valley Bank illustre les risques de taux et de liquidité d’un bilan mal couvert. Décryptage d’une crise de gestion actif-passif.
Par Didier Gerbault
Entre 2020 et 2021, les dépôts de la Silicon Valley Bank ont triplé pour atteindre 180 milliards de dollars, portés par les liquidités du secteur technologique. En mars 2023, la banque s’effondrait en quelques jours.
Un risque de taux mal maîtrisé
Le portefeuille de titres à long terme de la banque était très vulnérable à la hausse des taux. Une hausse de 200 points de base aurait amélioré la marge de 3,5 %, mais les taux ont progressé de plus de 400 points de base — la plus forte hausse en quarante ans.
Une crise de liquidité éclair
Le 9 mars 2023, 42 milliards de dollars ont été retirés en une seule journée, soit un quart des dépôts. Classée comme petite banque, la SVB était exemptée du calcul des ratios de liquidité LCR et NSFR, ce qui masquait ses vulnérabilités.
Des pertes latentes invisibles
Les pertes latentes sur les titres détenus jusqu’à l’échéance n’étaient pas reflétées dans le capital réglementaire, entretenant une illusion de solvabilité.